« l'Église catholique vit, depuis un certain temps, une crise profonde. Historiquement au Québec, jusqu'à la fin des années cinquante, tout ou presque (de l'école aux hôpitaux) était dans les mains de l'Église... Tout s'est écroulé à partir des années soixante. Plusieurs facteurs ont joué dans cette métamorphose : l'influence marxiste et l'affirmation de l'étatisme, mais aussi l'impact du Concile Vatican II sur l'Église locale...»

- Cardinal Ouellet

mercredi 25 mars 2015

Le déficit atteint les cimetières


(Trois-Rivières) Il n'y a pas qu'au chevet des églises qu'on se presse inquiet. Les cimetières, gérés par des bénévoles vieillissants, réclament aussi qu'on se préoccupe de leur sort, compte tenu de la désaffection des fidèles et du changement des coutumes.

La réflexion est lancée dans le diocèse de Trois-Rivières où 14 des 57 cimetières sont déficitaires. «Le déficit moyen est d'un peu plus de 2300 $, précise Lise Filteau, coordonnatrice de la pastorale d'ensemble. Quant aux 43 autres cimetières, ils ont un excédent annuel. Pour le moment, ce n'est pas quelque chose de problématique.»

Du côté de l'Association des cimetières catholiques romains du Québec (ACCRQ), on a commencé à se préoccuper de la santé financière des cimetières il y a 25 ans déjà alors que les évêques avaient demandé aux fabriques de préciser les coûts réels de leur gestion.

«C'est là qu'on s'est rendu compte qu'il n'y avait pas suffisamment d'argent prévu à long terme», raconte Monique Morin, présidente de l'ACCRQ. C'est sûr que le réveil a été brutal.»

«Autrefois, 100 % des revenus des cimetières allaient aux fabriques, note Mme Morin. On ne se posait pas de questions. Mais il ne faut pas se le cacher, ces revenus permettaient à peine aux cimetières de survivre.»

Avec la fermeture d'églises et les fusions de paroisses est apparu un nouveau phénomène: la fusion des cimetières. Shawinigan l'a fait il y a plusieurs années. Le secteur de Cap-de-la-Madeleine s'apprête aussi à former une corporation avec les cimetières Sainte-Marie Madeleine, Sainte-Famille et Saint-Louis-de-France. En juin, le nouvel organisme devrait être fonctionnel.

Avec le changement des coutumes, arrive aussi des individus ou des familles qui ne veulent plus payer pour l'entretien des lots, ce qui amène inévitablement le problème de la survie des monuments funéraires. Si le problème n'est pas encore criant en Mauricie, Monique Morin signale que des cimetières au Québec, souvent dans les grandes villes mais aussi parfois à la campagne, ont été obligés de faire «du ménage», c'est-à-dire de retirer des monuments, parfois très anciens, au grand dam des historiens.

mercredi 18 mars 2015

Le milieu des affaires se prononce sur l'avenir des églises du Québec

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L’avenir des églises faisait partie des enjeux couverts par le Colloque Québec 2050 organisé cette semaine à l’Université Laval par l’Institut de développement urbain du Québec (IDQ). Un sondage Léger réalisé pour l’occasion permet notamment de connaître le point de vue des gens d’affaires de la région de Québec sur la question.
Commandé par l’IDQ et la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, le sondage Léger a été réalisé auprès de 505 gens d’affaires de la région entre le 13 et le 20 février 2015. Il aborde notamment les enjeux liés au transport, au développement résidentiel, industriel et technologique, et au développement durable de Québec. Il invitait également les répondants à se prononcer sur le patrimoine, et plus précisément sur l’avenir des églises.
« Au cours des prochaines années, plusieurs églises continueront à éprouver des problèmes de fréquentation, c’est une tendance lourde, présente la question. Quels types d’usages devraient être priorisés dans ces édifices ? »
Les répondants pouvaient se prononcer en faveur de plusieurs possibilités.
Les lieux publics (67 %) et communautaires (53 %) sont les deux réponses les plus populaires. Viennent ensuite les logements privés (30 %), les bureaux (29 %), le logement social (26 %), les condos (25 %) et les hôtels (11 %). Seuls 4 % des répondants ont retenu l’option « lieu de culte pour d’autres religions ».
Contexte provincial
L’automne dernier, le Conseil du patrimoine religieux du Québec faisait état d’une accélération « sans précédent » des transformations des lieux de culte dans l’ensemble de la province. En fait, la rapidité avec laquelle on ferme ces bâtiments est désormais plus grande que la capacité à leur trouver une nouvelle fonction. Depuis 2011, le Conseil évoquait une moyenne de 45 mutations par année. Il révélait également que le rachat des lieux de culte se fait essentiellement par les municipalités et le secteur privé.
Le colloque et le sondage surviennent alors que plane sur Québec la menace de fermeture de l’une de ses principales églises, le joyau patrimonial qu’est l’église Saint-Jean-Baptiste. La fermeture souhaitée par la paroisse financièrement à bout de souffle doit encore être validée par l’archidiocèse de Québec.


Une déclaration du maire mal reçue
Lors de l’annonce en février de la fermeture probable, Mgr Gaétan Proulx, évêque auxiliaire au diocèse de Québec, confiait qu’il aimerait voir les pouvoirs publics s’en mêler. Il affirmait qu’une approche auprès de la Ville de Québec fait partie de la stratégie envisagée pour sauver Saint-Jean-Baptiste.
Le diocèse de Québec a donné des sommes considérables à l’église patrimoniale au cours des dernières années pour lui venir en aide. L’an dernier, c’est un soutien de 90 000 $ qui a été octroyé. Cette année, ce soutien aurait été de 100 000 $.
Or cette semaine, le maire de Québec, cité par le journal Le Soleil, laissait entendre que le patrimoine doit être économiquement viable. « L'argent public ne peut pas tout faire en patrimoine. [...] Les églises, ce n'est pas la business de la Ville, c'est la responsabilité du diocèse », a-t-il déclaré au quotidien.
Une déclaration qui a horripilé le curé de Saint-Jean-Baptiste, l’abbé Pierre Gingras.
« Ça montre l’intérêt de la ville. Mais venant du maire, ça ne me surprend pas. En revanche, si ce n’est pas la ''business de la Ville'', j’espère qu’elle ne se mêlera pas de nos affaires quand viendra le temps de liquider l’église… », rétorque-t-il.

samedi 14 mars 2015

Églises du Québec: 72 cas de changement d'usage en 2014!


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« Alors que les fermetures, les mises en vente et les démolitions des édifices religieux au Québec se multiplient, près de 200 bâtiments n’ont pas trouvé de nouvelle fonction pour assurer leur avenir. “Ce sont des tendances inquiétantes qui annoncent de lourdes pertes”, met en garde dans son dernier bulletin d’information le Conseil du Patrimoine Religieux du Québec (CPRQ) basé à Montréal. »

«Le Conseil du Patrimoine Religieux précise qu’au 6 novembre 2014, 72 cas de changement d’usage avaient été recensés pour l’année en cours. C’est ce que révèlent les derniers résultats de l’enquête du CPRQ sur la situation des lieux de culte en mutation, dévoilés à l’occasion du dernier Forum sur le patrimoine religieux.»